> PROLOGUE < LE SURVIVANT

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Deux pieds nus fuselés aux ongles rouges reposaient sur une petite table. La jambe droite imberbe croisa la gauche, libérant, au-delà des membres, la vue latérale du petit écran de télévision. La télévision diffusait les informations sur Rai 1, qui étaient entièrement consacrées à la tragédie survenue dans le port de Livourne la veille au soir.
Les initiales du monde en rotation et le mot TELEGIORNALE en grosses lettres qui tournaient autour commençaient. Un journaliste au visage pâle, aux cheveux blonds coupĂ©s au carrĂ©, vĂŞtu d’une veste bleue, a annoncĂ© la triste et dramatique nouvelle d’une voix relativement calme :

“Bonjour, un seul survivant, pour le moment, parmi les 140 personnes Ă  bord du ferry Moby Prince Ă  destination d’Olbia et est entrĂ© en collision dans les eaux de Livourne avec un pĂ©trolier au mouillage. Environ 16 heures après le drame, il y a peu d’espoir de retrouver les disparus de la vie…”

La ligne a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  un journaliste sur les lieux de l’accident. Il se tenait en position surĂ©levĂ©e, par rapport au port derrière lui, afin de pouvoir montrer aux tĂ©lĂ©spectateurs le lieu de l’accident et dĂ©crire en direct les dernières Ă©tapes de l’arrĂŞt de l’Ă©pave.
Dans le mĂŞme temps, des images de la catastrophe, du seul survivant, ont Ă©galement Ă©tĂ© diffusĂ©es par le rĂ©alisateur. Fragments de vidĂ©o dans l’obscuritĂ© de la nuit Ă©clairĂ©s par les lumières des bateaux du port et les rĂ©verbères environnants.

Le jeune reporter Ă  lunettes, aux cheveux châtains et Ă  la barbe noire soignĂ©e, Ă©tait vĂŞtu d’un pull bleu, les manches retroussĂ©es jusqu’aux coudes. Il tenait le microphone près de sa bouche avec sa main droite et faisait des gestes avec sa main gauche, saisissant une feuille blanche qui ressemblait Ă  une baguette avec laquelle il indiquait le tempo et les attaques lors de l’exĂ©cution d’un opĂ©ra de Mozart, en utilisant des mouvements horizontaux et verticaux.
Derrière lui se trouvait un ciel très bleu qui s’appuyait sur une mer très calme de couleur bleu cyan (une couleur assortie Ă  son pull). Alors que les voitures roulaient dans les deux sens le long de la cĂ´te, avec l’habituelle ruĂ©e quotidienne des “propres affaires”, aussi frĂ©quemment rugissant avec le klaxon, dans une atmosphère singulière de “le jour d’après”, le correspondant a commencĂ© Ă  raconter la sonnerie, du garçon qui a Ă©chappĂ© Ă  l’enfer du Moby Prince :

“… seul le hub Alessio originaire de Ercolano, embarquĂ© depuis quelque temps sur ce navire, a rĂ©ussi Ă  trouver la fuite. Il a rĂ©ussi Ă  trouver la fuite après 2 heures d’oĂą le navire Ă©tait dĂ©jĂ  en flammes, sur encouragement, Ă  la suggestion du premiers sauveteurs qui l’ont poussĂ© Ă  sauter Ă  l’eau. Il l’a fait et heureusement il a rĂ©ussi Ă  s’Ă©chapper…”

Les sous-titres du rapport indiquaient le nom et le prĂ©nom du survivant : Alessio Bertrand. Il a Ă©tĂ© aidĂ© par 2 personnes pour descendre d’un bateau. Ils l’ont soutenu de part et d’autre puis l’ont accompagnĂ© jusqu’Ă  l’ambulance.
Il ne portait que des caleçons rouges et juste un anorak foncé sur les épaules, certainement fourni par les secouristes.
Il a montrĂ© toute sa poitrine et son ventre visiblement poilus. Le visage de l’homme prĂ©sentait des signes Ă©vidents de douleur et des joues maculĂ©es de tourbe, mais le fait qu’il ait une barbiche bien entretenue le faisait presque ressembler davantage Ă  un officier qu’Ă  un garçon. Cela expliquait, dans un premier temps, la thèse du tĂ©lĂ©spectateur, selon laquelle les personnes qui ont assistĂ© au spectacle dramatique du sauvetage, s’Ă©taient insurgĂ©es contre lui en pensant qu’il Ă©tait le commandant qui avait malheureusement abandonnĂ© le ferry Ă  son destin brĂ»lant. En effet, Bertrand a rĂ©agi par des gestes Ă©loquents et des cris Ă  ceux qui l’insultaient, tandis que les secouristes tentaient, avec difficultĂ©, de le calmer et de le faire monster sur l’ambulance.
Mais ensuite, il a Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© par le survivant lui-mĂŞme, après quelques annĂ©es, dans une interview, qu’il s’Ă©tait fâchĂ© contre les photographes coupables de perdre du temps avec lui, au lieu de s’inquiĂ©ter des personnes Ă  secourir sur le ferry en feu.

Le tĂ©lĂ©phone dans la pièce oĂą la femme regardait la tĂ©lĂ©vision a sonnĂ© et ses jambes sans poils ont posĂ© ses pieds nus sur le sol. Puis ils continuèrent la courte promenade jusqu’Ă  la petite table oĂą se tenait le dĂ©cor, portant le haut d’un corps recouvert d’une large chemise blanche qui servait de robe courte. La main droite de la femme, qui se tenait de dos, saisit le rĂ©cepteur tĂ©lĂ©phonique et le porta Ă  son visage. Avant de rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone, la femme dĂ©gagea son oreille de ses longs cheveux blonds.

“AllĂ´?”

– Salut Ilaria, comment vas-tu ?

“Salut maman, bien comme toujours. Je m’ennuie un peu de travailler dans la salle de rĂ©daction Ă©trangère de Tg3. Monter les rapports des journalistes est un peu ennuyeux. J’ai hâte de terminer le stage et ainsi je peux faire l’envoi Ă  l’Ă©tranger. Je voudrais aller en Somalie.”

« Mais n’aurais-tu pas peur, mon enfant ?

« Ne m’appelle plus une petite fille ! Bien sĂ»r que ça me ferait un peu peur, mais comme ça je peux exploiter mes connaissances en arabe. Et puis tu sais que le mĂ©tier de correspondant dans des endroits plutĂ´t dangereux est assez rĂ©munĂ©rateur. tu te souviens maman c’est quoi mon rĂŞve n’est-ce pas ?”

“Bien sĂ»r d’Ilaria je me souviens : ouvrir un bar au Caire. Mais tant qu’Ă  faire, j’ai assez d’argent pour t’aider Ă  rĂ©aliser tout de suite ce rĂŞve qui est le tien…”

“Oui, je sais maman, nous en avons dĂ©jĂ  parlĂ©, mais je veux ĂŞtre indĂ©pendant.”

“Alors au revoir, bonne journĂ©e et bon travail mon enfant.”

“Merci maman mais aujourd’hui je ne vais pas travailler car j’ai pris un jour de congĂ©. J’ai des courses importantes Ă  faire.
Quoi qu’il en soit, au revoir et bonne journĂ©e Ă  toi aussi.”

Ilaria Alpi posa le combinĂ© sur le plateau en s’effondrant la tĂŞte.


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