> CHAPITRE 6 < LE SURVIVANT

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Toujours sur l’interview d’Alessio Bertrand, partie de la chronique “Reportage” diffusĂ©e Ă  la tĂ©lĂ©vision sur RAI3 en 2021, consacrĂ©e Ă  la tragĂ©die de Moby Prince :

“… L’avocat Morace est venu Ă  l’hĂ´pital…”, disait le rescapĂ© lorsqu’il a Ă©tĂ© hospitalisĂ© le soir du drame.

“Qui Ă©tait l’avocat Morace ?”, a demandĂ© la belle journaliste brune, du ton sĂ©rieux et rĂ©signĂ© de la reddition alors que l’interview touchait Ă  sa fin. La reddition de celle qui se rĂ©signait dĂ©sormais Ă  ne pas trop Ă©claircir, ou peut-ĂŞtre pas du tout (selon le point de vue), les mystères de cette nuit du 10 avril 1991.

“C’Ă©tait l’avocat du… de l’entreprise”, a rĂ©pondu le rescapĂ© qui montrait des yeux rouges Ă©vidents.
“Eeeh Ă  la place Vincenzo Onorato, Achille Onorato*?”
“Je ne les ai jamais vus et jamais entendu parler d’eux.”
“Tu ne trouves pas cette chose Ă©trange…?”
Et Bertrand fit une expression bouche fermée et le menton légèrement relevé qui semblait dire :
“Je ne sais pas, qu’en est-il.”

“… Autrement dit, comment est-il possible qu’une entreprise ne demande pas au seul survivant ce qui s’est passĂ©?”

Et l’interviewĂ© a rĂ©pondu en marmonnant :

“Je ne sais pas quoi, je ne sais pas s’ils ont parlĂ©, disons entre leurs avocats… mon avocat. Toutes ces choses lĂ , mon assurance a vu tout mon avocat.”

Toujours dans le mĂŞme service “Reportage” diffusĂ© Ă  la tĂ©lĂ© et toujours la mĂŞme journaliste brune a interviewĂ© Angelo Chessa, fils d’Ugo Chessa commandant du Moby Prince. L’homme a dĂ©clarĂ© :

“Personne ne nous a jamais contactĂ©s de la compagnie maritime, ni dans la nuit, ni dans les jours suivants.”

Vincenzo Onorato a dĂ©clarĂ© Ă  la – Commission parlementaire d’enquĂŞte sur les causes de la catastrophe du Moby Prince Ferry – le 30 novembre 2017, qu’il avait mĂŞme eu recours Ă  une sĂ©ance ** pour comprendre les causes de la tragĂ©die.

“A l’Ă©poque, j’avais 33 ans et je n’arrivais pas Ă  m’expliquer le drame ; un long moment s’est Ă©coulĂ© sans aucune explication logique, il n’y avait aucun moyen de l’expliquer. J’ai aussi demandĂ© Ă  mon père, qui Ă©tait un grand marin, mais lui non plus n’avait pas de rĂ©ponses.Je peux vous dire que pour le comprendre j’ai mĂŞme eu recours (cela peut donner la mesure de l’Ă©tat de frustration mentale dans lequel nous Ă©tions tous) Ă  une sĂ©ance**.
Un moment de soulagement est venu lorsque le rapport Massari est apparu, faisant Ă©tat d’une bombe, car du point de vue des marins, il expliquait la tragĂ©die par un Ă©vĂ©nement externe tel que la bombe, ou comme tout Ă©vĂ©nement traumatique externe fort qui avait frappĂ© le navire. J’ai oubliĂ© de dire quelque chose de personnel, sĂ©nateur. Je n’avais aucune relation avec le commandant albanais et je n’ai aucune sympathie pour lui, ni alors ni maintenant ; cela est motivĂ© par le fait qu’il ne se souciait que du pĂ©trolier et pas de mon peuple. »

Et Vincenzo Onorato a également déclaré à la Commission parlementaire :
« Il n’y avait pas de place pour un raisonnement stratĂ©gique. L’Ă©vĂ©nement a Ă©tĂ© vĂ©cu par mon père et moi comme un deuil personnel ; clairement considĂ©rer mon père avec une expĂ©rience comme un homme qui a vĂ©cu une expĂ©rience de guerre, donc de manière beaucoup plus solide que moi. Quand je parle en termes personnels, je ne parle pas seulement de mon père et moi, mais de tous ceux qui n’Ă©taient pas sur le Moby Prince Ă  l’Ă©poque mais qui ont vĂ©cu la tragĂ©die avec nous, d’autres marins. Je suis revenu de Livourne Ă  l’Ă®le d’Elbe, oĂą se trouvaient nos bureaux, avec la sereine rĂ©solution que je ne voudrais plus jamais revoir la mer. Giovanni Malinconico, l’un des garçons qui n’Ă©taient pas sur le Moby Prince avec d’autres personnes , et nous avons compris que c’Ă©tait un deuil Ă©tendu non seulement aux parents des victimes et Ă  nous mais Ă  tous ceux qui avaient connu l’Ă©quipage de ce navire. – et quand je dis nous ne nous rĂ©fĂ©rons pas Je ne parle que des HonorĂ©s ou de l’Ă©quipage laissĂ© Ă  terre, mais aussi de l’Ă©quipage disparu du Moby Prince – nous avons mĂŞme Ă©tĂ© privĂ©s de la lĂ©gitimitĂ© de la douleur,
parce que quand il a Ă©tĂ© Ă©crit et rĂ©Ă©crit que l’Ă©quipage regardait le match, que le navire Ă©tait dĂ©goĂ»tant – tout et pire que nous avons lu Ă  cette Ă©poque – la seule attitude que nous pouvions adopter Ă©tait celle que nous avions : le silence. Des changements dans les procĂ©dures de l’entreprise ? Qu’avons-nous dĂ» changer ? Je sais que c’est difficile pour un tiers de le croire. C’Ă©tait un Ă©quipage unique, en termes de qualitĂ© et de compĂ©tence. Le navire Ă©tait parfait, il Ă©tait en fin de cycle de maintenance. Que fallait-il changer ?…

Dans les annĂ©es suivantes, nous avons beaucoup luttĂ©, mais c’Ă©tait le moindre effet; le plus grand effet en a Ă©tĂ© un autre, du moins pour ceux qui sont restĂ©s car, en plus des proches des victimes, il faut rappeler qu’il y avait quelques vieux qui travaillent encore avec moi et qui ont Ă©tĂ© sauvĂ©s de la tragĂ©die de Moby Prince soit parce qu’ils Ă©taient en vacances ou parce qu’ils avaient dĂ©jĂ  atterri.”

* Vincenzo Onorato et Achille Onorato – propriĂ©taires de Moby Lines – Onorato Armatori S.r.l., Mediterranean Shipping Company S.A. (respectivement père et fils). Alors qu’au moment de la tragĂ©die du Moby Prince, Vincenzo Onorato Ă©tait l’armateur avec son père Achille sous le nom de Nav.Ar.Ma. (Navigation Archipel Maddalenino).
L’accord d’assurance entre les deux compagnies maritimes – SNAM (Agip Abruzzo) et Navarma (Moby Prince) a Ă©tĂ© conclu très rapidement. Selon la Commission, cet accord a mis fin Ă  toute prĂ©somption contradictoire sur les responsabilitĂ©s mais a contribuĂ© Ă  ralentir les premières investigations.

** La sĂ©ance, aussi appelĂ©e sĂ©ance mĂ©diumnique, est l’une des pratiques les plus cĂ©lèbres utilisĂ©es dans le spiritisme. C’est une rencontre de personnes qui ont en commun le dĂ©sir d’entrer en contact avec des entitĂ©s spirituelles, notamment les dĂ©funts, afin de leur poser des questions prĂ©cises.
Le cĂ©lèbre magicien Harry Houdini a assistĂ© Ă  plusieurs sĂ©ances pour tenter d’entrer en contact avec sa mère dĂ©cĂ©dĂ©e. Ayant dĂ©couvert quelques astuces, grâce Ă  sa connaissance des techniques de l’illusionnisme, il dĂ©cide de tester systĂ©matiquement les mĂ©diums de son temps, les dĂ©savouant publiquement. Son dĂ©fi aux mĂ©diums s’est poursuivi mĂŞme après sa mort, car il a laissĂ© Ă  sa femme une phrase secrète de dix mots que les mĂ©diums devraient rĂ©pĂ©ter comme preuve qu’ils Ă©taient entrĂ©s en contact avec lui. Bien que de nombreux mĂ©diums aient affirmĂ© avoir parlĂ© Ă  Houdini, aucun d’entre eux n’a trouvĂ© la phrase secrète.

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