> CHAPITRE 11 < LE SURVIVANT

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Nicola Falanga est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  19 ans dans la catastrophe de Moby Prince. C’Ă©tait un garçon de cuisine. Dans un reportage sur TG1, deux jours aprĂšs le drame, le correspondant a fait une trĂšs brĂšve interview avec le pĂšre du garçon dĂ©cĂ©dĂ©. L’homme attendait d’ĂȘtre appelĂ© pour la reconnaissance du corps, parmi les nombreux regroupĂ©s dans un hangar froid :
“Je veux parler au matelot…” (faisant rĂ©fĂ©rence au seul rescapĂ© Alessio Bertrand), dit-il d’un ton humble, lentement et en pleurant sans larmes, vĂȘtu d’une sorte d’impermĂ©able jaune. Il Ă©tait bien peignĂ© et avait les cheveux mi-courts, chĂątain clair, les yeux foncĂ©s en amande.
M. Falanga tenait une photographie grand format de son beau fils, habillé à la mode et posant à la Clark Gable.

“… il lui a fait le bouche-Ă -bouche dans la cuisine, le petit chariot qui allait vers la chambre. C’Ă©tait lui… le petit dans la chambre…”
Le pĂšre, dĂ©sespĂ©rĂ©, Ă©tait incapable d’exprimer bien et clairement, mĂȘme avec ses propres mots, les Ă©motions et les demandes.
Il Ă©tait entendu Ă  la fin :
“c’est lui, si vous le voyez, appelez s’il vous plait !”
Le pauvre homme ne s’Ă©tait pas encore rĂ©signĂ© au fait que son fils Ă©tait mort.

Ce sont des témoignages aux journalistes la nuit de la catastrophe, de ceux qui étaient à bord des canots de sauvetage et qui sont revenus à terre :

LE PREMIER, UN PEU RESIGNE ET AGITE QUI GARDE LE VAGUE
“Je ne peux rien dire parce que c’est trop… c’est absurde, regardez… on ne voit rien, c’est une situation trĂšs dramatique, tout est en feu, en fumĂ©e… on a pu voir le ferry , pourtant c’est tout incroyable, c’est un look bordĂ©lique.”

LA DEUXIÈME AVEC UN FORT ACCENT TOSCANE, PLUTÔT CALME ET MAIS PLUS CONCISE
“C’Ă©tait un vaisseau fantĂŽme en feu. On a tournĂ© derriĂšre, on est allĂ©s derriĂšre pour voir si quelqu’un lançait. Un (Alessio Bertrand) a sautĂ© dedans, on a continuĂ© avec le naufragĂ© pour tourner puis on l’a donnĂ© au patrouilleur Puis nous l’avons remis au patrouilleur. Nous Ă©tions lĂ  Ă  quelques mĂštres du navire et nous avons tout vu en flammes, il n’y avait personne Ă  qui demander de l’aide, aucun survivant. Peut-ĂȘtre avait-il sautĂ© avant que nous arrivions, mais rien, il n’y avait plus personne. Il a trouvĂ© un “cul” d’un canot de sauvetage brĂ»lĂ© et carbonisĂ©, pour le reste ça suffit. Il n’y a plus personne de vivant sur le navire, absolument personne. des flammes Ă©taient aussi dans l’entrepĂŽt et on pouvait voir la proue qui Ă©tait vidĂ©, vous pouviez voir toutes les flammes Ă  l’intĂ©rieur. Un bĂ»cher complet, vous pouviez voir les flammes Ă  tous les niveaux du navire pendant combien de temps et Ă  quelle hauteur il Ă©tait. entitĂ©, comme une machine qui est prĂ©parĂ©e et qui marche ; puis par moments ça ralentissait et puis ça repartait. Nous y sommes allĂ©s pour le pĂ©trolier qui a lancĂ© le S.O.S. ou du moins il a demandĂ© de l’aide. Puis, quand nous sommes arrivĂ©s, nous avons Ă©galement vu l’autre navire brĂ»ler (le Moby Prince) et nous avons immĂ©diatement vu l’incendie complet.

Cette nuit-là, les journalistes ont également interviewé le préfet Dr. Pierangeli, qui était là pour comprendre personnellement la situation :
“Le pĂ©trolier, je ne vous le dirai pas, est tout incandescent et sur le cĂŽtĂ© il y a une grande ouverture sur la derniĂšre citerne, sur le cĂŽtĂ© droit, prĂšs du chĂąteau de poupe. Le ferry a Ă©tĂ© complĂštement pris dans les flammes, mais le feu est parti, je veux dire, il y a quelques foyers ici et lĂ  sur le navire que les pompiers surveillent. Nous n’avons pas vu de survivants pour le moment.

Lors de l’audition tenue par la commission d’enquĂȘte parlementaire, le 28 avril 2016, contre le professeur Valdo Spini, sous-secrĂ©taire d’État Ă  l’intĂ©rieur, au moment des faits (catastrophe du ferry Moby Prince), le prĂ©fet Pierangeli a Ă©tĂ© nommĂ© :

Je me suis engagĂ© auprĂšs de la famille Ă  revenir rapporter ce que je pourrais en savoir. Lorsque le bac a Ă©tĂ© remorquĂ© jusqu’Ă  un quai du port, je me suis immĂ©diatement rendu sur place pour vĂ©rifier la situation auprĂšs des premiers pompiers embarquĂ©s (celui des pompiers Ă©tait l’administration Ă  ma charge) : parmi ceux-ci je me souviens, tout de suite, de l’inspecteur rĂ©gional de Toscane, l’ingĂ©nieur Mauro Marchini. Le verdict fut malheureusement une fois de plus terrible : seuls des corps brĂ»lĂ©s.Je retournai alors – il Ă©tait alors 15 heures – Ă  la gare maritime ; Je montai sur une chaise, avec le prĂ©fet Pierangeli Ă  mes cĂŽtĂ©s, et je communiquai la terrible nouvelle. La tension et la douleur Ă©taient Ă©videmment grandes, mais la plupart des personnes prĂ©sentes s’exprimaient d’une maniĂšre tout Ă  fait posĂ©e. Avec une boule dans la gorge incroyable, je me suis amusĂ© avec certains d’entre eux. Pour moi, ce fut l’Ă©preuve la plus terrible qu’il m’est arrivĂ© d’endurer pendant toute la pĂ©riode oĂč j’ai exercĂ© des responsabilitĂ©s institutionnelles, mais j’ai ressenti le devoir de reprĂ©senter l’État mĂȘme dans cette situation dramatique et je l’ai fait avec ce sens de l’humanitĂ© et de la solidaritĂ© qu’impose la dimension mĂȘme du drame. Naturellement, aprĂšs cette nouvelle, la discussion avec les membres de la famille s’est dĂ©placĂ©e vers la nĂ©cessitĂ© d’approfondir la recherche des causes et des Ă©vĂ©nements qui avaient conduit Ă  une si grande tragĂ©die : un besoin de vĂ©ritĂ© que nous tous leur doivent.Je suis restĂ© Ă  Livorno toute la journĂ©e. Le soir je partis pour Roma, aprĂšs avoir donnĂ© des instructions Ă  la prĂ©fecture de Livorno pour loger les familles des victimes et faciliter le voyage de ceux qui devaient retourner en Sardaigne, car beaucoup Ă©taient sardes. Le lendemain, 12 avril, le prĂ©sident de la RĂ©publique Francesco Cossiga s’est rendu Ă  Livorno pour rendre hommage aux victimes et rencontrer des proches. Il Ă©tait accompagnĂ© de deux ministres, toujours en fonction ce jour-lĂ , l’honorable Vito Lattanzio, ministre de la Protection civile, et Carlo Vizzini, ministre de la Marine marchande, ainsi que moi-mĂȘme en tant que Sous-SecrĂ©taire
Ă  l’IntĂ©rieur.

Le prĂ©sident Cossiga m’avait invitĂ© par un coup de tĂ©lĂ©phone personnel, dans lequel il voulait reconnaĂźtre ce que j’avais essayĂ© de faire la veille, le 11 avril, Ă  Livorno. Je suis ensuite retournĂ© dans son entourage au quai du port de Livorno et, aprĂšs l’hommage aux victimes et la visite aux proches, le sommet institutionnel a eu lieu Ă  la prĂ©fecture. Étaient Ă©galement prĂ©sents les reprĂ©sentants du pouvoir judiciaire, le procureur et l’adjoint chargĂ© des enquĂȘtes, le Dr Luigi De Franco, qui en fait – pour ce que peut valoir une impression personnelle – m’a donnĂ© l’impression d’ĂȘtre absolument engagĂ© et motivĂ© dans l’enquĂȘte. Tout le monde a parlĂ© de la complexitĂ© des investigations et de la nĂ©cessitĂ© de reconstituer pleinement ce qui s’Ă©tait passĂ© face Ă  la singularitĂ© absolue de l’Ă©vĂ©nement, tant dans la dynamique que dans les pertes, car face au salut de tout l’Ă©quipage de Agip Abruzzo, il y a eu la mort, Ă  l’exception du hub, de tous les passagers et membres d’Ă©quipage du Moby Prince. Comment Ă©tait-il possible qu’Ă  quelques milles de la cĂŽte, dans une route habituelle, le ferry ait heurtĂ© le pĂ©trolier ? Pour ma part, je me suis dĂ©clarĂ© disponible et j’ai insistĂ©, comme il Ă©tait naturel, auprĂšs de toutes les autoritĂ©s affĂ©rentes au ministĂšre de l’IntĂ©rieur, que j’y reprĂ©sentais, si bien qu’elles collaboraient pleinement avec la magistrature d’instruction, qui avait dĂ©sormais la charge de vĂ©rifier ce qui s’Ă©tait passĂ© et d’Ă©ventuelles fautes ou nĂ©gligences, incroyable qu’il fĂ»t difficile de formuler des suppositions hĂątives. Comme on le sait, une hypothĂšse dominante avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© formulĂ©e : nous rentrĂąmes Ă  Rome avec le prĂ©sident Francesco Cossiga, qui reçut dans la soirĂ©e la liste du nouveau gouvernement des mains du prĂ©sident du Conseil des ministres, Giulio Andreotti. Le ministre de l’IntĂ©rieur Vincenzo Scotti a Ă©tĂ© confirmĂ© et moi aussi, lors du Conseil des ministres qui a suivi, j’ai Ă©tĂ© confirmĂ© comme sous-secrĂ©taire du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Au lieu de cela, le titulaire du ministĂšre de la marine marchande (de Carlo Vizzini Ă  Ferdinando Facchiano) et de la protection civile (de Vito Lattanzio Ă  Nicola Capria) a changĂ©. Le mardi 16 avril, le gouvernement a signalĂ© l’incident aux commissions conjointes des affaires constitutionnelles et des transports. Rappelez-vous, pour les jeunes, que la commission des affaires constitutionnelles avait rĂ©cemment absorbĂ© les compĂ©tences de la commission des affaires intĂ©rieures : puisqu’Ă  l’Ă©poque on voulait rĂ©duire le nombre de commissions parlementaires, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de les fusionner et cela explique la raison de la convocation de la commission des affaires constitutionnelles. Quant Ă  la convocation de la Commission des Transports, elle Ă©tait compĂ©tente compte tenu de l’implication dans l’histoire de la Marine Marchande. Le Gouvernement Ă©tait reprĂ©sentĂ© par quatre Ministres : le Ministre de l’environnement Giorgio Ruffolo, de la protection civile Nicola Capria, de la Marine marchande Ferdinando Facchiano et de l’intĂ©rieur Vincenzo Scotti. De plus, j’Ă©tais assis parmi les parlementaires, donc j’ai Ă©coutĂ© toute la rĂ©union, dont il y a quand mĂȘme le compte rendu. Pourquoi ces quatre ministres ? Il convient de souligner qu’en ce malheureux 11 avril se produisit Ă©galement un autre accident tragique, celui du pĂ©trolier Haven, naufragĂ© dans le golfe de GĂȘnes, qui avait causĂ© la mort de cinq membres d’Ă©quipage et causĂ© la perte de milliers de tonnes de pĂ©trole . Toute l’intervention du ministre de l’Environnement Giorgio Ruffolo a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă  l’affaire Haven ; les autres ministres ont parlĂ© des deux Ă©vĂ©nements. Je me souviens d’avoir Ă©tĂ© prĂ©sent Ă  cette rĂ©union, au cours de laquelle je n’ai Ă©videmment pas pris la parole, puisque les communications du ministĂšre de l’IntĂ©rieur avaient Ă©tĂ© faites par le ministre lui-mĂȘme. L’Honorable Scotti s’est Ă©tendu, en particulier, sur le travail de sauvetage fourni par les pompiers, sur son ampleur (le seul bateau restant dans le port) et sur son opportunitĂ©, expliquant pourquoi – du moins c’Ă©tait la version donnĂ©e – le pĂ©trolier a Ă©tĂ© identifiĂ© d’abord et seulement plus tard le ferry
.”

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