> CHAPITRE 18 < LE SURVIVANT

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Et Ă  peine 3 ans aprĂšs la tragĂ©die de Moby Prince, une autre “nuit” mystĂ©rieuse et infĂąme est descendue pour anĂ©antir des vies humaines. Seulement 2 mais, cette fois, directement avec une cruautĂ© et une fĂ©rocitĂ© impitoyables. Cet autre malheur avait un lien incroyable avec le prĂ©cĂ©dent, mais jamais officiellement confirmĂ© et prouvĂ©.
Et, comme alors, les vrais coupables n’ont pas Ă©tĂ© retrouvĂ©s et donc les proches des victimes n’ont pas Ă©tĂ© rendus justice. Et, inĂ©vitablement, il y avait encore une main de l’OTAN. Mais plus qu’une main cette fois, c’Ă©tait quelque chose de diaboliquement manifeste. MalgrĂ© tout, ils vĂ©curent heureux pour toujours, les avocats des fils de Satan.
15 mars 1994 : Ilaria Alpi, avec l’opĂ©rateur Miran Hrovatin, interviewe le sultan Abdullahi Mussa Bogor Ă  Bosaso, dans le nord de la Somalie.

Transcription que j’ai dĂ©duite de la vidĂ©o sur le Web (les parties les plus importantes Ă  mon avis) et en tout cas Ă©galement sur le site officiel du Parlement italien, dans les archives numĂ©riques de la COMMISSION PARLEMENTAIRE D’ENQUÊTE SUR LA MORT D’ILARIA ALPI ET MIRAN HROVATIN.
La vidéo a commencé avec le sultan parlant.
Son italien Ă©tait assez clair et distinct. L’homme a commencĂ© Ă  parler avec sa tĂȘte appuyĂ©e sur sa main gauche.
Bogor et Alpi Ă©taient assis l’un en face de l’autre Ă  une table en noyer poli. Miran a filmĂ© l’interviewĂ©e de face, tandis que la collĂšgue Ă©tait vue de dos avec le micro Ă  la main.
La femme avait les cheveux blonds attachĂ©s avec un Ă©lastique et portait une chemise lilas foncĂ© aux manches retroussĂ©es. L’homme devant elle portait une chemise blanche Ă  manches courtes, qui se dĂ©tachait de sa peau noire, ainsi que de sa barbe et de ses cheveux majoritairement blancs.
La piĂšce Ă©tait trĂšs lumineuse avec des murs bleus et une fenĂȘtre, derriĂšre l’homme, en bois perforĂ© peint en blanc, typique islamique.




BOGOR
Non, les Italiens ont occupĂ© ici et arrĂȘtĂ© mon grand-pĂšre… mon arriĂšre-grand-pĂšre. Et… en 27 je crois, aprĂšs 3 ans de guerre.
ALPI
Quel est donc le souvenir des Italiens ici ?
BOGOR
Et moi, eh bien, mémoire discrÚte !
ALPI
MĂȘme s’ils sont loin maintenant, ils sont Ă  Mogadiscio, n’ont-ils rien fait pour cette rĂ©gion ?
BOGOR
Ils n’ont rien fait, je ne veux pas commenter, mais ils n’ont rien fait ou presque.
ALPI
Et pourquoi, d’autre part, aprĂšs que le « Feu (?) » ait construit un hĂŽpital, une route, Ă  votre avis il n’y avait plus rien ?
BOGOR
Tels Ă©taient les intĂ©rĂȘts des dirigeants de l’Ă©poque, les nĂŽtres et les vĂŽtres.


L’homme parle Ă  la femme en la regardant dans les yeux, sans aucun signe d’hĂ©sitation et Ă  la fin de la phrase il lui adresse un sourire montrant des dents trĂšs blanches.

ALPI
Et qu’en est-il aujourd’hui ?
BOGOR
N’y a-t-il pas eu un gros scandale Ă  ce sujet ?
ALPEI
Le scandale est toujours d’actualitĂ©…
La femme rĂ©pondit d’un ton plaisant.

BOGOR
Est-ce qu’il se passe encore ? Je pensais que tu t’Ă©tais rĂ©conciliĂ©.
Dit l’homme d’un air narquois.


ALPI
Nous sommes un peu somaliens aussi. Non, j’aimerais comprendre, que pensez-vous de l’intervention des Nations unies, ici, dans ce domaine, Ă©tait-ce assez, n’Ă©tait-ce pas assez ?
BOGOR
Nous n’avons pas vu les Nations Unies, nous avons vu des fonctionnaires des Nations Unies qui gagnent leur pain, restent ici et apportent de l’eau d’IsraĂ«l, du Golfe persique et c’est tout !…
ALPI
Et les organisations non gouvernementales, en revanche, ont-elles fait quelque chose ?
BOGOR
Non, des organisations non gouvernementales : la premiÚre française et la seconde africaine.
ALPI
A votre avis, qu’est-ce qu’il faudrait, si vous pouviez demander
 ?
BOGOR
Eh bien
 nous avons répondu à cela, au moins mille fois.
ALPI
De quoi avez-vous besoin?
BOGOR
Nous avons besoin de tout, de tout, des mĂ©dicaments, des rĂ©parations aux routes, Ă  l’achĂšvement du petit port, construit par les Italiens. Et
 pratiquement tout
.
Le regard de l’homme devint trĂšs sĂ©rieux.
ALPI
À votre avis, pourquoi l’attention internationale s’est-elle focalisĂ©e sur Mogadiscio et a-t-elle oubliĂ© le reste de la Somalie, en particulier ces rĂ©gions ?
BOGOR
Et
 parce que les mĂ©dias mondiaux ont besoin de choses brutales
 des choses brutales se produisent Ă  Mogadiscio. Nous, depuis l’effondrement des nations somaliennes, sommes, nous sommes en paix…
ALPI
Et la bataille contre les intégristes ?
BOGOR
Et ça n’a pas durĂ© longtemps mais c’Ă©tait violent…
ALPI
Qu’attendez-vous dĂ©sormais de cette confĂ©rence de Nairobi ?
BOGOR
EspĂ©rons qu’ils arrivent Ă  un accord ! Ce que j’espĂšre !
ALPI
Ce que j’espĂšre est bien, mais pensez-vous que c’est une rĂ©alitĂ© ou l’une des nombreuses rĂ©unions qui ont dĂ©jĂ  eu lieu ?
BOGOR
… il y a un peu d’espoir …


ALPI
Quel avenir voyez-vous pour la Somalie : une confĂ©dĂ©ration, une nation unitaire ? Quel genre d’État voudriez-vous pour la Somalie ?
BOGOR
… il faudrait une sorte de FĂ©dĂ©ration…
ALPI
Selon vous, qui devrait ĂȘtre Ă  la tĂȘte de la FĂ©dĂ©ration ?
BOGOR
… qui est Ă©lu, selon une Ă©lection dĂ©mocratique …
ALPI
Il devrait y avoir cette Ă©lection en 95, pensez-vous
 ?
BOGOR
… le 27 mars ’95.

ALPI
Écoute, je change complĂštement de sujet. Ils parlent de ce scandale, de ce propriĂ©taire somalien au passeport italien, il s’appelle Mugne, qui aurait pris ces navires, qui appartenaient Ă  l’État et les aurait utilisĂ©s pour son usage privĂ©…

L’homme reposa Ă  nouveau sa tĂȘte sur sa main gauche et Ilaria sur sa droite, attendant une rĂ©ponse.
L’air devenait lourd.


BOGOR
Il? Lui seul ?
ALPI
Lui avec d’autres personnes, je vous demande de m’expliquer ce qui s’est passĂ©…
BOGOR
Eh bien, pendant l’effondrement, il Ă©tait responsable de cette flotte, un international appelĂ© Shifco et il Ă©tait l’administrateur. Et quand l’effondrement est arrivĂ©, il a larguĂ© tous les Ă©quipages somaliens en Tanzanie et s’est enfui avec les navires en Italie. Une partie de cette propriĂ©tĂ© appartenait Ă  une sociĂ©tĂ© italienne. C’est un club qui a Ă©tĂ© en collision avec Mugne parce que Mugne n’est rien et n’est toujours rien. C’est la Compagnie qui manƓuvre
 tout.
ALPI
Connaissez-vous le nom de l’entreprise ?



BOGOR
Le nom? Et tu le connais ?

L’homme dit d’un ton plaisant, en souriant, en pointant sa main gauche vers elle comme pour dire : allez, tu le connais, dis-lui…

ALPI
Pas moi

BOGOR
Pourtant il le trouve…
ALPI
Si vous me donnez un coup de main, je peux le trouver…

répondit Ilaria sur un ton plaisant.

BOGOR
Elle doit faire des recherches… elle doit gagner son pain…

Et en arriÚre-plan, ils pouvaient entendre les rires contenus de certaines personnes non cadrées par la caméra, dont probablement celui de Miran Hrovatin.
BOGOR
Euh je peux pas…
ALPI
Ces navires sont-ils en Italie maintenant ?
BOGOR
La plupart du temps, ils sont dans nos mers.

L’entretien s’est ensuite tournĂ© vers la fin dans une histoire enchevĂȘtrĂ©e de navires enlevĂ©s et Ă©vadĂ©s et le film s’est terminĂ© avec le regard de Bogor trĂšs sĂ©rieux et presque assombri.



D’UN EXTRAIT DU « RAPPORT MINORITAIRE » FAITE PAR
COMMISSION PARLEMENTAIRE D’ENQUETE SUR LA MORT D’ILARIA ALPI ET MIRAN HROVATIN :

– Le Front DĂ©mocratique du Salut, la position du “sultan”, les relations avec Mugne et la question africaine 70 –

En 1994, le Front dĂ©mocratique du salut de la Somalie peut ĂȘtre dĂ©fini comme une organisation “politico-militaire” nĂ©e comme une opposition au gouvernement de Siad Barre. En 1994, son prĂ©sident (prĂ©sident) est le gĂ©nĂ©ral Mohamed Abshir, soutenu par le sous-clan Garoe. Le numĂ©ro deux est le colonel Abdullahi Yusuf. Leur reprĂ©sentant Ă  Bosaso est le gĂ©nĂ©ral AlĂŹ Ismail Mohamed. Ce leadership Ă©tait fortement contestĂ© par les clans de la rĂ©gion de Bari, dont Bosaso est la capitale, par son gouverneur, Ibrahim Omar Musse et par le soi-disant sultan, dit roi. Yusuf Bari Bari, chef du SSDF en Italie Ă  l’Ă©poque, prĂ©cise que la personne interrogĂ©e par Ilaria Alpi, un magistrat connu sous le nom de King, n’est pas en rĂ©alitĂ© le vrai Bogor, sultan, de Bosaso. En fait, la fonction reviendrait Ă  son frĂšre aĂźnĂ©. Le SSDF est l’autoritĂ© politique de Bosaso dans la pĂ©riode 1993-94 mais en dĂ©cembre 93, Ă  l’approche des Ă©lections rĂ©gionales et dĂ©partementales (dĂ©but mars 1994), une bataille s’engage pour l’affirmation du leadership entre diffĂ©rentes factions ; le soi-disant “sultan” Ă©tait placĂ© Ă  la tĂȘte de l’administration de Migiurtinia, qui faisait appel aux miliciens de la rĂ©gion, qui constituaient un premier embryon de police, mais qui se rĂ©fĂ©raient toujours au Front. Giorgio Cancelliere, qui en 1994 a coopĂ©rĂ© avec Africa 70, a dressĂ© un tableau de la situation Ă  Bosaso, qu’il semble significatif de rapporter. En 1993, le Bureau du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres Urgence de la DGCS, a demandĂ© Ă  7 ONG italiennes d’identifier les zones et les interventions Ă  mener en faveur de la population somalienne suite Ă  la guerre civile. Les interventions doivent porter principalement sur la rĂ©habilitation et la restauration des services de base, tels que les installations sanitaires et vĂ©tĂ©rinaires, les puits, les Ă©coles. L’ONG Africa 70 a identifiĂ© son intervention dans la zone de Bosaso. Lors de la prĂ©paration du projet, elle a Ă©tĂ© contactĂ©e par Yusuf Mohamed Ismail, dit Bari Bari, reprĂ©sentant en Italie du Front dĂ©mocratique du salut de la Somalie (SSDF), qui a participĂ© au projet en tant que grand connaisseur de la rĂ©gion et des contacts locaux, nĂ©cessaires pour activer l’intervention d’Africa 70 Ă  Bosaso.
Yusuf a Ă©tĂ© engagĂ© dĂšs le dĂ©but des activitĂ©s Ă  Bosaso, qui se sont dĂ©roulĂ©es avec une mission en mai 1993 pour prĂ©parer la logistique d’appui et avoir les premiers contacts avec les autoritĂ©s locales, majoritairement composĂ©es de « anciens », anciens de la communautĂ©. Le dĂ©marrage du projet a eu lieu en aoĂ»t 1993 avec l’arrivĂ©e Ă  Bosaso du Dr. Fregonara, directeur du projet Africa 70, pour dĂ©marrer les activitĂ©s. Yusuf Bari Bari a exercĂ© une activitĂ© de liaison entre Africa 70 et les rĂ©alitĂ©s du territoire, il vivait dans le mĂȘme local louĂ© par Africa 70 Ă  Bosaso au « compound » du Dr Kamal, situĂ© au centre de Bosaso. Depuis le dĂ©but du mois de dĂ©cembre 1993, la situation dans la zone de Bosaso s’est progressivement aggravĂ©e, parallĂšlement Ă  un fort affrontement au sein du SSDF en raison de l’approche des Ă©lections de district et rĂ©gionales sanctionnĂ©es par le CongrĂšs d’Addis-Abeba. Comme mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, le leadership du gĂ©nĂ©ral Mohamed Abshir Ă©tait fortement contestĂ© par les clans de la rĂ©gion de Bari, dont Bosaso est la capitale. En particulier, la protestation est venue des clans Osman Mohamud, rĂ©sidant dans la rĂ©gion de Gardo, Afun et Bender Beyla (cĂŽte nord-ouest) et de son clan Ali Saleban, rĂ©sidant dans la rĂ©gion de kandala (cĂŽte nord-ouest). A Bosaso mĂȘme, le gouverneur Ibrahim Omar Musse et le sultan Bogor Abdullahi (roi) se sont ouvertement opposĂ©s Ă  la direction du SSDF, faiblement reprĂ©sentĂ©e au ville par le gĂ©nĂ©ral Ali Ismail Mohamed, du mĂȘme clan que le colonel Abdullahi Yusuf. Les premiĂšres escarmouches d’un conflit de leadership ont eu lieu en dĂ©cembre 1993 avec l’arrivĂ©e des secours du sĂ©nateur Bersani dans le port de Bosaso. Le navire, qui transportait les vivres et arriva le 27 novembre 1993, provoqua immĂ©diatement une grande confusion : le matĂ©riel ne fut dĂ©chargĂ© qu’au bout de deux jours et distribuĂ© dans les entrepĂŽts de Bosaso seulement le 8 dĂ©cembre 1993 suite aux conflits entre la direction de la SSDF et la communautĂ© de Bosaso sur la destination de l’aide alimentaire. Africa 70 et LVIA, deux ONG italiennes, rencontrĂšrent de telles difficultĂ©s que, pour des raisons de sĂ©curitĂ©, une partie du personnel quitta Bosaso pour Gibouti Ă  la mi-dĂ©cembre 1993. Dans ce climat, le 29 dĂ©cembre 1993, le colonel Ali Ismail Mohamed ordonna Ă  Africa 70 de quitter Bosaso car elle Ă©tait accusĂ©e de soutenir la pĂȘche clandestine que certains navires menaient au large de Bosaso, y compris des navires italiens. À ce stade, le Front SSDF s’est scindĂ© en deux, le gĂ©nĂ©ral Mohamed Abshir Ă©tant en complet dĂ©saccord avec la dĂ©cision du colonel Ismail.
L’affaire porte notamment sur un accord signĂ© entre la SSDF et la Federpesca italienne pour la pĂȘche dans les eaux de la rĂ©gion de Bari, accord menĂ© par Yusuf Mohamed Ismail, dit Bari Bari, au nom de la direction de la SSDF ( GĂ©n Abshir et Col Yusuf).
L’accord a Ă©tĂ© stipulĂ© sur la base de la loi sur l’exploitation marine (ONU, Montato Bay, JamaĂŻque 1982) et sur la base de la Convention de LomĂ©. Les reprĂ©sentants de Bosaso n’avaient pas Ă©tĂ© informĂ©s de cet accord et ils s’estimaient injustement prĂ©maturĂ©s. Dans une lettre adressĂ©e Ă  Africa 70 en date du 8 janvier 1994, Yusuf a reconnu avoir Ă©tĂ© le principal interlocuteur de la Federpesca italienne pour parvenir Ă  l’accord de pĂȘche, confirmĂ© par le gĂ©nĂ©ral Mohamed Abshir, alors prĂ©sident du SSD F441. Les autoritĂ©s de Bosaso en ont donc profitĂ© pour impliquer Africa 70 qui avait Ă©tĂ© soutenu par Bari Bari dans l’ouverture de l’intervention Ă  Bosaso. La demande d’expulsion a cependant Ă©tĂ© immĂ©diatement suspendue par les auteurs de la lettre eux-mĂȘmes, mais un fort conflit s’est dĂ©clenchĂ© au sein de la communautĂ© de Bosaso, Ă  propos des droits de pĂȘche et de la direction du SSDF. Dans ce climat politique trĂšs houleux, le gĂ©nĂ©ral Ismail, le gouverneur de Bosaso et les sages ont de nouveau impliquĂ© Africa 70, en tant que seule ONG de coopĂ©ration prĂ©sente dans la zone pour racheter une polĂ©mique, qui a dĂ©terminĂ©, le 19 janvier 1994, la lettre d’expulsion d’Afrique. 70. donner au staff international jusqu’au 5 mars 1994 pour achever les interventions en cours. Dans la lettre susmentionnĂ©e, aucune autre mention n’a Ă©tĂ© faite de la problĂšme de pĂȘche mais les accusations portaient sur un mĂ©contentement gĂ©nĂ©rique vis-Ă -vis des activitĂ©s d’Africa 70 Ă  Bosaso. En rĂ©alitĂ©, il s’agissait d’une tentative de trouver un compromis avec les parties signataires du premier arrĂȘtĂ© d’expulsion, ne rompant ainsi pas des Ă©quilibres internes trĂšs dĂ©licats, mais en mĂȘme temps lançant un message clair Ă  la direction du SSDF qui Ă  ce moment soutenait la prĂ©sence Fin janvier 1994, dans un climat incandescent de discussions internes, de ressentiment face Ă  l’accord de pĂȘche signĂ© par la direction du SSDF, de la poursuite de la pĂȘche illĂ©gale dans le golfe d’Aden (en 1993 3 navires pakistanais et un corĂ©en sont capturĂ©s par les milices du SSDF), suite Ă  une Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra Ă  Bosaso qui Ă©clate fin janvier 94, Africa 70 est dĂ©terminĂ© Ă  quitter Bosaso. Le 28 janvier 1994, l’ambassadeur d’Italie Ă  Somalia Scialoia accompagnĂ© de deux fonctionnaires de l’ambassade d’Italie Ă  Mogadiscio, s’est rendu Ă  Bosaso et a rencontrĂ© les autoritĂ©s pour protester contre le traitement infligĂ© Ă  Africa 70. La visite Ă©tait accompagnĂ©e du reprĂ©sentant de i ONUSOM Ă  Bosaso, Darko Silovic. Pendant cette pĂ©riode, des journalistes Ă©trangers sont Ă©galement intervenus sur la question.
Entre-temps, Africa 70 avait demandĂ© Ă  Yusuf Bari Bari de quitter l’enceinte pour rĂ©gler la situation autour du staff italien. Bari Bari, qui, aprĂšs les Ă©vĂ©nements de fin dĂ©cembre 1993, avait confirmĂ© sa participation Ă  l’accord avec Federpesca Italiana, par lettre du 8 janvier 1994, a quittĂ© l’ONG. Le 22 fĂ©vrier 1994, la plupart du personnel italien a quittĂ© Bosaso retourner Ă  Djibouti au siĂšge de COOPI (CoopĂ©ration Internationale, ONG de Milan) : le 26 fĂ©vrier 1994 l’Ă©vacuation est achevĂ©e et seul le logisticien somalien Muktar reste sur le site de Bosaso. Entendu par la Commission, Yusuf Bari Bari a rappelĂ© Ă  la fois la question qui s’est posĂ©e suite Ă  l’arrivĂ©e au port des vivres de la coopĂ©ration italienne (Dans ce cas il y a eu un malentendu car quelqu’un avait dit qu’ils n’Ă©taient que pour certaines rĂ©gions et pas pour d’autres) et la question qui s’est posĂ©e lorsqu’il y avait “‘issue des licences de pĂȘche» avec l’accord signĂ© avec Federpesca. Yusuf rappelle que les accusations portĂ©es contre Africa 70 portaient sur la question du braconnage, « d’espionnage je dirais non, du moins Ă  ma connaissance. À propos de la pĂȘche, prĂ©cisĂ©ment en ce qui concerne la premiĂšre pĂ©riode au cours de laquelle nous avions dĂ©livrĂ© les licences, oui, car ils pensaient qu’en raison de ma prĂ©sence dans l’enceinte, ils avaient aussi quelque chose Ă  voir avec cela.
Du cĂŽtĂ© du front, cela Ă©tait perçu comme un fait politique, Ă©tant donnĂ© que, de plus, nous Ă©tions dans une pĂ©riode de transition, dans laquelle deux leaderships Ă©mergeaient en nous en concurrence pour la direction du front : le gĂ©nĂ©ral Abshir et le colonel Abdullah Yusuf. “
Yusuf a confirmĂ© la pertinence politique de l’accord signĂ©.
La Commission a tentĂ© d’approfondir les relations entre le sultan de Bosaso, Eng. Mugne et le Front, mais de ce point de vue Yusuf s’est retranchĂ© dans des attitudes de fermeture. Lorsque le prĂ©sident lui a demandĂ©, savez-vous que le sultan de Bosaso a Ă©galement demandĂ© des redevances au Shifco de Mugne ? S’il ne sait pas, on lui dira”, Yusuf a rĂ©pondu : “Regardez, si vous voulez tout savoir, au niveau national, selon qui l’a rendu politiquement commode, Mugne a accordĂ©… Je ne sais pas s’il faut les appeler redevances ou autrement ” Poursuivant des questions, Yusuf a fait valoir que le sultan de Bosaso visait Ă  prendre la direction du Front.
A l’objection du prĂ©sident “il se trouve que Mugne veut dire Shifco, que Shifco veut dire bateaux de pĂȘche et que bateaux de pĂȘche veut dire SSDF et des accords avec la sociĂ©tĂ© Meridionalpesca de Bari et avec la Federpesca italienne”, Yusuf a rĂ©pondu : “Je peux vous dire que Mugne ne il n’Ă©tait pas du tout satisfait de l’accord conclu entre SSDF et Meridionalpesca.
Je sais du fait que j’avais reçu des rapports trĂšs forts et prĂ©cis, qu’il y avait aussi la question de la rĂ©munĂ©ration du « contrĂŽleur » : je ne me souviens plus comment ce chiffre s’appelle techniquement ; il s’agissait d’une personne Ă  bord qui vĂ©rifiait effectivement que la quantitĂ© de la prise Ă©tait celle prĂ©vue ». Avec le dĂ©part d’Africa 70 Ă  Bosaso, aucune agence de coopĂ©ration internationale n’a subsistĂ©. Seuls l’ONUSOM et l’UNICEF sont restĂ©s. La situation, dĂ©jĂ  tendue, s’est aggravĂ©e avec le dĂ©but du retrait de l’ONUSOM de Somalie, qui a entraĂźnĂ© le mouvement de nombreux gangs armĂ©s de Mogadiscio, dont certaines remontent au nord de la Somalie. Africa 70 avait dĂ©jĂ  quittĂ© Bosaso lorsque, le 26 fĂ©vrier 1994, le sultan de Bosaso, au nom des anciens de la ville, a envoyĂ© une lettre Ă  l’ONG dans laquelle il dĂ©clarait que la communautĂ© avait dĂ©cidĂ© d’annuler l’ordre d’Ă©vacuation, conseillant de retourner Ă  Bosaso aprĂšs le 5 mars 1994, date Ă  laquelle devaient se tenir les Ă©lections de district et rĂ©gionales. Cependant, jusqu’Ă  la mi-mars, le personnel de l’ONG Africa 70 est restĂ© Ă  Djibouti, en attendant de pouvoir rĂ©organiser le retour au siĂšge.





















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